JDD / « Les idées de DSK sont plus que jamais d’actualité » Antonio Duarte

http://www.leJDD.fr Arnaud Focraud – leJDD.fr vendredi 06 janvier 2012

Le Club DSK se diversifie. Après avoir soutenu la candidature de Dominique Strauss-Kahn en vue de l’élection présidentielle 2012, il va désormais lancer un think-tank (ou « cercle de réflexion ») pour promouvoir les idées de la social-démocratie que défendait son ancien champion. Appelé « les Démocrates », ce think-tank entend peser sur le débat politique dès la fin de la présidentielle. Le fondateur du Club DSK, Antonio Duarte, s’en explique au JDD.fr.

Pourquoi lancer un think-tank?
Le paysage politique social-démocrate en France est assez éclaté, contrairement aux autres pays européens. Il y a des sociaux-démocrates à Europe Ecologie – Les Verts, au Parti socialiste, au Modem et même au Nouveau centre… Ils doivent se réunir autour de ce think-tank, qui fera des propositions destinées à être mises en œuvre dès le lendemain de l’élection présidentielle.

Aujourd’hui, les idées sociale-démocrates ne peuvent plus être défendues aux seins des partis traditionnels?
Notre projet est dans le prolongement de l’action que nous avons eu au sein du Club DSK, puisque 90% de ses membres n’adhéraient à aucun parti. Les formations politiques sont des structures très dogmatiques, verrouillées par des apparatchiks, et ne permettent pas le débat d’idées. Il faut créer une confédération de partis politiques.

Serait-ce un gouvernement d’union nationale?
Non, ce n’est pas la même chose. La situation n’impose pas un gouvernement d’union nationale, où il n’y aurait pas de ligne claire qui se dégagerait. Il faut au contraire engager des réformes difficiles, car la situation de la France laissée par Nicolas Sarkozy sera probablement plus difficile que ce qu’on croit. C’est ce qu’avait fait Gerhard Schröder en Allemagne. Aujourd’hui, on voit les fruits de ces réformes. Lorsque Dominique Strauss-Kahn était ministre des Finances en France, la croissance était trois fois supérieure à celle de l’Allemagne. Avec Nicolas Sarkozy, elle est deux fois inférieure à la croissance allemande.

«Il n’est pas du tout certain de soutenir un candidat à la présidentielle»Allez-vous continuer à porter les idées de Strauss-Kahn pendant cette campagne?
Il y a encore un quart des Français qui se reconnaît dans ses idées, que ce soit d’équité fiscale ou de justice sociale. Aujourd’hui, la gauche n’est pas encore complètement réformiste. Les idées keynésiennes que Dominique Strauss-Kahn a réussi à mettre avec succès au FMI sont plus que jamais d’actualité.

Souhaitez-vous qu’il revienne dans l’arène politique dès 2012?
C’est une décision qu’il lui appartient.

Allez-vous soutenir un candidat à l’élection présidentielle?
Le think-tank n’a pas vocation à le faire. Pour le Club DSK, nous prendrons une position officielle avant la fin du mois de janvier.

Pourquoi ne pas soutenir dès à présent François Hollande?
On n’en est pas là aujourd’hui. Il n’est pas du tout certain de soutenir un candidat. Même si la logique voudrait qu’on défende François Hollande, qui semble le mieux placé pour incarner les idées sociale-démocrates lors de l’élection présidentielle. Il y a un début de clarification du programme socialiste sur ces idées, que nous saluons. Mais tous les arbitrages n’ont pas été faits et nous ne connaissons pas encore le projet présidentiel de François Hollande. Il est donc normal d’attendre avant de prendre une décision définitive.

AFP / Le Club DSK va lancer un think tank « Les Progressistes » après la présidentielle

AFP  05/01/2012

Le Club DSK annonce aujourd’hui qu’il allait lancer un cercle de réflexion pour promouvoir les idées sociales démocrates, après la présidentielle, lors de laquelle il devrait soutenir « le mieux placé pour défendre ces idées-là », à savoir François Hollande.

« On va créer un think tank dédié aux idées sociales démocrates, après la présidentielle. Il s’appellera ‘les Démocrates' », a déclaré Antonio Duarte , président du Club DSK, lors d’une conférence de presse. « François Hollande est à l’évidence le mieux placé pour défendre ces idées sociales-démocrates », a estimé Antonio Duarte, un ancien du MoDem qui est passé au PS.

Le Club DSK, qui revendique 2000 adhérents, 8000 sympathisants et une dizaines d’antennes, devrait se prononcer très prochainement, sur le soutien à apporter à un candidat. « On veut peser sur le débat, il faut que François Hollande poursuive sa démarche d’ouverture. On défend toujours l’idée d’une coalition sociale, démocrate et écologiste », a-t-il poursuivi, voyant bien figurer dans cette large alliance le MoDem, le Nouveau Centre, le PS, EELV et le PRG.

« Nous voulons contribuer à recomposer le paysage politique français encore assez archaïque en ce qui concerne ces idées », a ajouté l’ancien responsable des questions écologiques de François Bayrou pendant sa campagne de 2007. Pour ces soutiens à Dominique Strauss-Kahn, l’ancien présidentiable déchu « a droit à une seconde chance. Il est en train de se reconstruire, il a déjà fait son retour sur la scène internationale à Pékin, on est sur le point de clore l’épisode personnel » de ses démêlés avec la justice et « il commence à être de nouveau audible ». « Le moment venu, DSK se prononcera sur quel rôle il veut jouer sur la scène politique européenne et internationale », a assuré M. Duarte.

Nord Eclair / Paszkowski disculpe clairement DSK !..

Nord Eclair 20/12/11  DIDIER SPECQ

Toute la journée d’hier, Fabrice Paszkowski, un entrepreneur lensois spécialisé dans le matériel médical, a été interrogé par les juges d’instruction lillois Stéphanie Ausbart et Ida Chafaï. Ce petit patron, proche de DSK via son club « En Avant l’Europe ! », l’est probablement aussi en ce qui concerne les rencontres libertines. Pour les juges, la question est simple : DSK savait-il que des prostituées figuraient parmi les invitées ? Car s’il savait, on peut l’inquiéter pour proxénétisme. Mais devant les juges, Fabrice Paszkowski a répété que DSK a toujours ignoré ce détail important.

« Peu intéressé » par les soirées
David Roquet, le patron d’une filiale d’Eiffage, incarcéré à la prison d’Arras, a répété la même chose la semaine dernière. La différence entre ces deux amis de DSK est, selon Paszkowski, la suivante : Roquet fréquentait pour son compte des prostituées, pas lui. Paszkowski, défendu par M e Karl Vandamme, assure qu’il était peu intéressé par ce genre de soirées et qu’il n’avait pas besoin de faire appel à une « escort girl » pour être accompagné.
Quant à certains frais, réglés par Eiffage ou par l’entreprise de matériel médical, DSK ne pourrait être accusé de recel d’abus de biens sociaux, car, selon Paszkowski, il n’était pas au courant. L’entrepreneur lensois, qui reste incarcéré à Longuenesse, sera interrogé à nouveau en janvier.w

(communiqué) Un DSK sobre et compétent au service du retour de la croissance

Réaction a la conférence NetEase de DSK a Pékin le 19/12/11

Le discours, particulièrement incisif de Dominique Strauss-Kahn a Pékin marque son retour très attendu sur la scène internationale alors que la crise européenne pèse sur la croissance mondiale. DSK a été totalement disculpé des accusations a son encontre et il était temps qu’il puisse revenir aux affaires publiques compte tenu de l’expérience et de l’autorité qu’il a sur la scène économique et politique mondiale. DSK a démontré, après les propositions qu’il avait faites sur la dette grecque qui ont été adoptés par l’UE après un mois de crise, qu’il avait un diagnostic sévère mais juste sur les causes de la crise européenne et qu’il pouvait, sans aucun conteste, contribuer a sortir la zone euro des turbulences actuelles dues principalement a des errements politiques !…

Pour Antonio Duarte, Président du Club DSK « Nous avons vu ce matin un nouveau DSK, sobre et compétent qui se remet au service du Bien commun. Son analyse est juste et sévère pour nos dirigeants actuels et son diagnostic mérite d’être écouté pour sortir la zone euro des crises systémiques qui plongent le monde entier dans l’expectative. Sa parole fait autorité auprès des marchés qui attendent des réponses claires et fermes de l’Europe pour une sortie de crise. Nous ne doutons pas que dans quelques mois il reprendra toute sa place pour réformer la gouvernance économique de la zone euro et recréer les conditions de la confiance pour recréer de l’emploi et de la croissance plutôt que de la récession et  le chaos !…. »

Le Monde / DSK, pessimiste sur l’eurozone, fait à Pékin son retour à la vie publique

LEMONDE.FR avec AFP | 19.12.11 | 09h04   •

L’ex-chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn a effectué, lundi 19 décembre à Pékin, son retour à la vie publique dans un forum économique au cours duquel il a comparé la zone euro à un « radeau sur le point de sombrer », en refusant de commenter ses propres déboires. Après plus de sept mois de turbulences personnelles, DSK a choisi une conférence économique dans la capitale chinoise pour retrouver son statut de spécialiste en macro-économie, fort de son expérience à la tête du FMI.

Aux journalistes étrangers qui lui posaient des questions plus personnelles, sur son actualité judiciaire, sur son état d’esprit ou sur son choix de la Chine pour revenirsur le devant de la scène, il a systématiquement opposé la même réponse :« aucun commentaire. »

Sur un ton docte d’expert au-dessus de la mêlée, il a distribué bons et mauvais points. « Nous voyons les pays européens passer d’un plan (de sauvetage) à un autre, d’un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance », a déclaré M. Strauss-Kahn.

UN EURO « TRÈS TRÈS VULNÉRABLE »

Invité par le groupe NetEase, l’un des géants de l’Internet en Chine, DSK a prononcé un discours en anglais de quarante-cinq minutes, dans lequel il a été très critique envers les mesures de sauvetage prises à Bruxelles. Il s’est montré, par ailleurs, plutôt tendre avec ses hôtes chinois. Il a ensuite répondu à des interrogations d’internautes transmises par le biais d’un animateur du forum.

« Avec la récente tempête, le radeau semble ne plus être assez résistant, a-t-il affirmé en parlant de l’eurozone. Le fait que l’euro soit encore au milieu de la rivière et que l’union budgétaire ne soit pas réalisée le rend très très vulnérable, et le radeau semble sur le point de sombrer. (…) Je ne suis pas persuadé que (le président français) M. Sarkozy et (la chancelière allemande) Mme Merkel se comprennent bien entre eux et c’est probablement une des raisons pour lesquelles le système européen a des problèmes pour avancer », a-t-il affirmé.

Il a estimé, en revanche, que le gouvernement chinois avait « particulièrement bien tiré son épingle du jeu » lors de la crise de 2008-2009.

Le Lab / Dominique Strauss-Kahn invité d’un forum économique en Chine

Le Lab Europe 1 / 16/12/11

Il ne sera pas président mais pourrait devenir conférencier de luxe. A plus de 8 000 km de Paris et plus de 10 000 du Sofitel de New-York, Dominique Strauss-Kahn prononcera lundi un discours à Pékin. Un colloque d’économistes chinois l’attend pour une analyse de la crise de la dette dans le monde.

Alerté par un tweet d’un journaliste de Paris Match, Le Lab s’est immergé dans les mystères du web chinois et a fini par trouver la page officielle annonçant la présence du directeur déchu du FMI.

Le Parisien / (Club DSK) DSK : les autorités françaises nient tout contact avec le procureur de New York

Le Parisien et AFP  09/12/11

Les autorités françaises ont démenti vendredi des informations de «Libération» selon lesquellesdeux fonctionnaires des ministères de la Justice et des Affaires étrangères sont intervenus, depuis Paris, auprès du procureur de New York au lendemain de l’arrestation de DSK.

«Seuls le consul général et son adjoint à New York ont eu des contacts avec les autorités new-yorkaises, en l’occurrence exclusivement la police et la prison de l’Etat» dans le cadre de la protection consulaire, a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero. «A aucun moment, le ministère n’a appelé le bureau du procureur», a-t-il ajouté.

«Des allégations dénuées de la moindre vraisemblance»

«La Chancellerie oppose le démenti le plus catégorique aux allégations dénuées de tout fondement et d’ailleurs de la moindre vraisemblance, selon lesquelles un fonctionnaire en poste au ministère de la Justice serait entré en contact le 15 mai 2011 avec le bureau du procureur de New York pour lui transmettre des informations», a déclaré Bruno Badré, son porte-parole.

Selon «Libération», les avocats de Dominique Strauss-Kahn avaient négocié le 15 mai, au lendemain de son arrestation, sa libération sous caution avec le procureur Cyrus Vance Jr. Le journal indique que ses informations sont «recoupées auprès de plusieurs sources». L’accord de remise en liberté sous caution a été annulé par le bureau du procureur quelques heures plus tard, selon «Libération» qui établit un lien entre ce revirement et deux coups de téléphone passés par des fonctionnaires basés à Paris aux enquêteurs américains.

Le journal affirme que plusieurs sources lui ont indiqué que deux coups de téléphone «français» avaient été passés dans l’après-midi du 15 mai à John «Artie» McConnell, l’un des adjoints du procureur. «Libération» écrit au conditionnel que les fonctionnaires du Quai d’Orsay et du ministère de la Justice auraient transmis au procureur des éléments sur d’autres affaires dans lesquelles DSK pourrait être impliqué. Le journal cite l’affaire Tristane Banon et «une affaire de prostitution dans le nord de la France», faisant le rapprochement avec le dossier du Carlton de Lille.

De son côté, le club DSK, club politique créé en 2010, demande «au Garde des Sceaux d’apporter toute la lumière sur cette affaire». «Le cas échéant, nous demandons instamment que la Justice française ouvre une enquête sur cette intrusion politique dans la Justice Républicaine ! Les conséquences sur le cours de la Justice ayant été lourdes, l’on peut supposer que les conséquences d’une implication du pouvoir en place le serait d’autant plus si elle était avérée…»

Le Monde / L’Elysée veut éviter de relancer la « machine à complot » sur DSK

Le Monde 10/12/11

L’Elysée et la droite le redoutent depuis six mois : voir l’« affaire » Strauss-Kahn, qui aurait dû affaiblir la gauche, se retourner contre eux en faisant planer le soupçon d’un complot contre l’ex-candidat à l’élection présidentielle. De rumeurs en articles, de théories en hypothèses, jamais le pouvoir n’est en effet parvenu à éloigner le doute sur une éventuelle intervention dans cette affaire, l’obligeant par deux fois, cette semaine, à sortir du silence qu’il s’était imposé.

En découvrant, vendredi, que Libération affirmait que deux fonctionnaires français, l’un du ministère des affaires étrangères, l’autre du ministère de la justice, auraient téléphoné dans l’« après-midi du 15 mai » à un adjoint du procureur américain Cyrus Vance, John Mc Connell, chargé de l’affaire du Sofitel, afin de lui transmettre « des éléments (…) sur l’affaire Tristane Banon mais également sur une éventuelle implication de DSK dans une affaire de prostitution dans le nord de la France », le gouvernement a pris les choses assez au sérieux pour que le Quai d’Orsay et la Chancellerie réagissent.

« Seuls le consul général et son adjoint à New York ont eu des contacts avec les autorités new-yorkaises, en l’occurrence exclusivement la police et la prison de l’Etat », a affirmé le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero. « A aucun moment le ministère n’a appelé le bureau du procureur. » Le ministère de la justice a aussi opposé « le démenti le plus catégorique aux allégations dénuées de tout fondement et d’ailleurs de la moindre vraisemblance » de Libération, qui fait le lien entre ces interventions et l’incarcération de DSK. Samedi, le quotidien maintenait ses informations, arguant que les services du procureur de New York n’ont « nullement nié l’intervention de Paris ».

« GUÉANT EN A EU MARRE »

Dimanche 4 décembre, agacé des attaques du journaliste américain Edward Epstein et du biographe de DSK, Michel Taubmann, notamment contre l’UMP, Claude Guéant avait déjà rompu le silence – relançant du coup, malgré lui, la machine à complot. « Oui »a expliqué le ministre de l’intérieur au Journal du dimanche, il avait « entendu parler de cette histoire au cours de laquelle M. Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par des fonctionnaires (…) lors d’un contrôle de routine ».

« J’ai hésité, mais trop, c’était trop », s’est-il justifié il y a quelques jours à un proche :voir l’UMP accusée d’espionner téléphones ou mails du couple Strauss-Kahn, tandis que le ministre estime au contraire que le pouvoir a longtemps protégé DSK… « Guéant en a eu marre », confirme un proche du chef de l’Etat. « Il a déstocké les munitions… », sourit un autre.

Une erreur. La machine était repartie. « Guéant aurait dû s’abstenir, la gauche n’attendait que ça ! », soupire le député UMP Claude Goasguen. Effectivement. Sur son blog, le député strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, l’un des premiers, pourtant, à s’être tenu à l’écart de toute théorie complotiste, a aussitôt répliqué : « DSK n’est plus candidat à l’élection présidentielle. Il est à terre. Il doitfaire face à des attaques de tous côtés. Et le ministre de l’intérieur en rajoute. Plantant sa petite dague. » Puis d’interroger : « De quel secret DSK est-il dépositaire qui menacerait le pouvoir ? »

« DÉSORMAIS, C’EST SILENCE RADIO »

Du coup, la consigne de l’été – et de l’automne, après l’autre affaire, celle du Carlton de Lille – a été rappelée aux élus de la majorité : « Désormais, c’est silence radio, pour éviter tout risque d’instrumentalisation », résume un député UMP.

Jamais, depuis le 14 mai, la droite n’est parvenue à se débarrasser du soupçon que sa main a plané sur les malheurs de DSK. En juin, après quelques semaines passées à entendre et à lire que Nicolas Sarkozy était « forcément » derrière la spectaculaire disqualification de son rival potentiel à de 2012, l’Elysée avait déjà demandé aux diplomates en poste aux Etats-Unis de retracer dans une note, minute par minute, toute l’« affaire du Sofitel », depuis l’arrivée de patron du Fonds monétaire international (FMI) à l’hôtel jusqu’à sa retraite obligée dans une maison de TriBeCa, à Manhattan. Aucune interrogation, aucune incohérence ne devait seglisser dans les interstices de cette chronologie si sensible.

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin

Le Monde / Carlton : DSK cité le 15 mai dans les

Le Monde 10/12/11

À quelle date le nom de Dominique Strauss-Kahn apparaît-il dans le dossier du Carlton ? A quel moment le ministère de l’intérieur apprend-il que l’ex-présidentiable socialiste est mêlé à cette affaire de proxénétisme hôtelier instruite depuis le 28 mars à Lille ? La haute hiérarchie policière est formelle : le 15 mai, au lendemain de l’arrestation de DSK à New York, au moment où le procureur s’interroge sur une remise en liberté sous caution du patron du Fonds monétaire international, à Paris, on ne sait rien de tout cela.

La hiérarchie de la police, traditionnellement avertie du contenu des dossiers sensibles – notamment ceux dans lesquels figure le nom d’un homme politique – assure n’être alertée que cinq mois plus tard, en octobre, « dans les jours qui précèdent les interpellations, et au moment des premières auditions », précise l’un de ses responsables au Monde. « Je n’ai jamais entendu parler de cette affaire avant que tout cela ne sorte dans les journaux,abonde Bernard Squarcini, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur. D’ailleurs, mon service ne traite pas de ces affaires qui relèvent de la police judiciaire. »

Selon la connaissance actuelle que Le Monde a du dossier, le nom de DSK apparaît pour la première fois dans l’enquête le 15 mai, sur des écoutes téléphoniques. A l’époque le dossier du Carlton n’est encore qu’une banale affaire de proxénétisme hôtelier lancée en février, sur la base de renseignements venus de Belgique. Plusieurs personnes sont sur écoute.

« FAIS GAFFE À TOI »

Depuis le matin, « l’incident » du Sofitel inonde les ondes. A 16 h 33, Dodo la Saumure, un Français soupçonné de se livrer au proxénétisme en Belgique, appelle son ami René Kojfer, chargé des relations publiques du Carlton à Lille :« T’as vu, euh, Strauss-Kahn ? » René : « J’suis au courant, (…) j’ai vu l’commissaire (Jean-Christophe Lagarde) qui v’nait de l’quitter (…), parce que c’est son pote et y était à Washington avec lui. »

Les jours suivants, M. Kojfer n’en finit pas de commenter la nouvelle. Ainsi, le 24 mai, avec un ancien policier « fais gaffe à toi (…) le FBI (…) est sur ton dos parce que t’as ramené Strauss-Kahn chez Dodo, on m’a dit ». Le 8 juin, il propose même« un gros coup à faire » à son ami Denis Gumez, l’ex-chef de la brigade des moeurs à Lille : « Qu’est-ce que tu en penses, j’ai deux filles qui témoigneraient éventuellement contre Strauss-Kahn (…). Kenneth Thompson (l’avocat de Nafissatou Diallo), il cherche des (…) filles (…) qui auraient été un peu bousculées. »

La hiérarchie policière jure ne pas avoir eu connaissance de ces conversations à l’époque. « Ce jour-là, toute la France commente la nouvelle. Pourquoi prêter plus attention à ces échanges qu’à d’autres ?« , explique l’un d’eux. Dans le Journal du dimanche du 4 décembre, le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, affirmait pour sa part avoir découvert l’existence du nom de Strauss-Kahn dans ce dossier« qu’après les vacances d’été ».

Emeline Cazi et Ariane Chemin

Le Monde / Une note policière sur la vie privée de DSK avait bien été rédigée fin 2006

Le Monde 05.12.11 par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Claude Guéant a finalement reconnu, dans un entretien accordé au Journal du dimanche du 4 décembre, que le pouvoir détenait depuis plusieurs années des informations sur la vie privée de Dominique Strauss-Kahn.

Interrogé sur le fait de savoir si l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) avait été interpellé au mois de décembre 2006 dans le bois de Boulogne, un lieu fréquenté par les prostituées parisiennes, le ministre de l’intérieur a répondu :« Oui, j’ai entendu parler de cette histoire au cours de laquelle M. Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par les fonctionnaires en charge de la surveillance de cet endroit, lors d’un contrôle de routine. Mais, il n’y a aucune procédure à ce sujet. Il n’était pas tombé dans un guet-apens de la police! Il n’était pas suivi. Ce n’est quand même pas la faute de la police s’il était là-bas ce soir-là! »

M. Guéant confirme ainsi les informations contenues dans un article publié par Le Monde le 25mai dans lequel il était expliqué que l’Elysée, informé par la police de la vie intime des personnalités, n’hésitait pas à en faire état auprès de journalistes réputés « sûrs » afin de discréditer ses cibles.

Des proches du chef de l’Etat avaient ainsi tenté de faire fuiter, au début de cette année, le contenu d’une note visant DSK, avant d’y renoncer – provisoirement – du fait de son arrestation à New York. L’article évoquait ainsi « une note, rédigée peu avant la présidentielle de 2007, par un policier de la base, (…) signalant la présence de M. Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l’ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées ».

Selon plusieurs sources, cette note administrative fut ensuite passée à la broyeuse, mais son contenu divulgué à quelques journalistes lorsqu’il apparut que Dominique Strauss-Kahn serait le principal adversaire de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012.

En mai 2011, ces informations avaient pourtant été vivement démenties par lepouvoir. Alain Gardère, à l’époque directeur adjoint du cabinet de Claude Guéant au ministère de l’intérieur, avait été jusqu’à nier l’existence de cette note dans une réponse au député socialiste Jean-Jacques Urvoas. Ce dernier l’avait interpellé par courrier après la parution de l’article du Monde.

« S’agissant de M. Strauss-Kahn, après recherches, il apparaît bien qu’aucun compte rendu administratif concernant sa vie privée n’existe, et a fortiori n’a circulé en provenance de la police », avait répondu, le 8 juillet, l’ancien patron de la sécurité publique parisienne. « Je veux donc réfuter avec force les insinuations ou accusations calomnieuses d’œuvres de basse police qui discréditent sans fondement la police nationale », avait assuré M. Gardère, nommé fin août préfet délégué à la sécurité à Marseille.

Le fait que M. Guéant ait finalement décidé d’exploiter le contenu de cette note relative à la vie privée de M. Strauss-Kahn – qui n’avait commis aucun délit lors de sa brève interpellation fin 2006 – intervient alors que réapparaissent, ces derniers jours, des rumeurs suggérant que l’ex-directeur du FMI aurait pu être victime d’un piège, voire d’un complot, mené par l’UMP afin de le « faire tomber » à New York dans une affaire de mœurs.

La sortie de M.Guéant lui a valu de vives critiques de l’opposition, dimanche. Sur Radio J, le député (PS) de l’Essonne Julien Dray a déclaré que les ministres de M.Sarkozy « ont tendance à considérer qu’une manière de régler les conflits politiques, c’est d’utiliser les officines, les ragots ».

L’ancien premier ministre Laurent Fabius a estimé, pour sa part, qu’un ministre de l’intérieur devait « s’occuper d’autre chose que des poubelles »« On vous pose une question : vous êtes au courant et vous dites pas la vérité? Claude Guéant le dit et il a entièrement raison », a de son côté justifié le ministre du travail, Xavier Bertrand, sur France 3.

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