Cambridge : « The global financial climate, globalization and the Eurozone » : conférence de DSK

La société des étudiants Cambridge Union a invité Dominique Strauss-Kahn a livrer son analyse sur l’économie mondiale.

Voici la vidéo mise en ligne par l’Université

http://www.cus.org/connect/speaker-events/2012/dominique-strauss-kahn

« The global financial climate, globalization and the Eurozone »

Dominique Strauss-Kahn is a French economist, lawyer and politician. He served as the Managing Director of the International Monetary Fund (IMF) from 2007 until his resignation in 2011. He was previously a professor of economics at the Sciences PO and the French Minister of Economy and Finance.

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Libération / DSK invité d’un débat au Parlement européen

AFP / Libération 27/01/12

Dominique Strauss-Kahn débattra des leçons de la crise économique mondiale avec le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker le 27 mars prochain.

L’ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn débattra le 27 mars des «leçons de la crise économique mondiale» au Parlement européen avec le président de l’Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a-t-on appris vendredi auprès des organisateurs. «Le débat est prévu au Parlement européen pour le 27 mars, entre 10 heures et 12 heures», a indiqué le secrétariat du groupe EU40, qui regroupe les eurodéputés de moins de quarante ans, à l’origine de l’invitation.

Après l’abandon des charges pénales pour agression sexuelle d’une femme de chambre au Sofitel de New-York, une affaire qui lui a coûté son poste au FMI et ses ambitions présidentielles en France, Dominique Strauss-Kahn a effectué son retour sur la scène publique à l’occasion d’un forum économique dans la capitale chinoise, mi-décembre.

A cette occasion, il avait comparé la zone euro à un «radeau sur le point de sombrer», s’attirant des critiques en France notamment du parti présidentiel français UMP. Il est également invité début mars à l’université de Cambridge pour une conférence sur l’état de l’économie mondiale.

La conférence prévue au Parlement européen s’intitule : «Leçons de la crise économique mondiale, l’Europe à la croisée des chemins» et doit aborder «les effets possibles de la crise de la dette actuelle sur les générations à venir», selon le site internet du groupe EU40.

AFP / DCRI : le PS dénonce les « barbouzeries »

AFP 26/01/12

Les députés socialistes ont violemment attaqué aujourd’hui le gouvernement sur la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), craignant de possibles « barbouzeries » durant la campagne présidentielle après la parution récente d’un livre sur les services secrets. « L’espion du président » (éditions Robert Laffont) dresse un portrait au vitriol du chef de la DCRI Bernard Squarcini, qui aurait « dévoyé » les services français au profit de Nicolas Sarkozy selon les auteurs.

Lors des questions au gouvernement, le député PS Jean-Jacques Urvoas (Finistère) a décrit l’ouvrage sous les huées de la droite: « Coups tordus, manipulations, mauvaises fréquentations, écoutes de journalistes, effractions de domiciles: il semblerait donc qu’au sein de la DCRI, on ait les pires barbouzeries (…) alliées à l’impunité du secret-défense. »

Le socialiste a demandé s’il existait « au sein de la DCRI un groupe des opérations spéciales » occulte, et si « des équipes de la DCRI » organisaient « des écoutes téléphoniques » et « des interceptions d’emails en-dehors de tout cadre légal ».

La socialiste Delphine Batho a ensuite rappelé que Bernard Squarcini est déjà mis en examen dans l’affaire d’espionnage de journalistes du Monde travaillant sur l’affaire Bettencourt, dossier tentaculaire comportant un volet de financement politique occulte présumé. Cette porte-parole du candidat François Hollande a demandé « la garantie absolue que les pratiques décrites » dans l’ouvrage « n’ont pas cours dans l’actuelle campagne présidentielle ».

« la volonté de diffamer et de salir »

Le ministre des Collectivités Philippe Richert a dénoncé « une remise en cause intolérable de la loyauté républicaine d’une institution et des fonctionnaires exemplaires qui y travaillent », y voyant « la volonté de diffamer et de salir ». Il a rappelé en référence à la présidence de François Mitterrand, « le temps où certains membres d’un parti ont utilisé les moyens de l’Etat pour mettre sur écoute des centaines de personnalités publiques ».

Le patron de la DCRI a annoncé son intention de poursuivre en diffamation les auteurs ainsi que le site Mediapart, qui a publié un article sur l’ouvrage. Mediapart, surveillé en 2010 par la DCRI selon le livre, a porté plainte.

Nord Eclair / Paszkowski disculpe clairement DSK !..

Nord Eclair 20/12/11  DIDIER SPECQ

Toute la journée d’hier, Fabrice Paszkowski, un entrepreneur lensois spécialisé dans le matériel médical, a été interrogé par les juges d’instruction lillois Stéphanie Ausbart et Ida Chafaï. Ce petit patron, proche de DSK via son club « En Avant l’Europe ! », l’est probablement aussi en ce qui concerne les rencontres libertines. Pour les juges, la question est simple : DSK savait-il que des prostituées figuraient parmi les invitées ? Car s’il savait, on peut l’inquiéter pour proxénétisme. Mais devant les juges, Fabrice Paszkowski a répété que DSK a toujours ignoré ce détail important.

« Peu intéressé » par les soirées
David Roquet, le patron d’une filiale d’Eiffage, incarcéré à la prison d’Arras, a répété la même chose la semaine dernière. La différence entre ces deux amis de DSK est, selon Paszkowski, la suivante : Roquet fréquentait pour son compte des prostituées, pas lui. Paszkowski, défendu par M e Karl Vandamme, assure qu’il était peu intéressé par ce genre de soirées et qu’il n’avait pas besoin de faire appel à une « escort girl » pour être accompagné.
Quant à certains frais, réglés par Eiffage ou par l’entreprise de matériel médical, DSK ne pourrait être accusé de recel d’abus de biens sociaux, car, selon Paszkowski, il n’était pas au courant. L’entrepreneur lensois, qui reste incarcéré à Longuenesse, sera interrogé à nouveau en janvier.w

Le Monde / DSK, pessimiste sur l’eurozone, fait à Pékin son retour à la vie publique

LEMONDE.FR avec AFP | 19.12.11 | 09h04   •

L’ex-chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn a effectué, lundi 19 décembre à Pékin, son retour à la vie publique dans un forum économique au cours duquel il a comparé la zone euro à un « radeau sur le point de sombrer », en refusant de commenter ses propres déboires. Après plus de sept mois de turbulences personnelles, DSK a choisi une conférence économique dans la capitale chinoise pour retrouver son statut de spécialiste en macro-économie, fort de son expérience à la tête du FMI.

Aux journalistes étrangers qui lui posaient des questions plus personnelles, sur son actualité judiciaire, sur son état d’esprit ou sur son choix de la Chine pour revenirsur le devant de la scène, il a systématiquement opposé la même réponse :« aucun commentaire. »

Sur un ton docte d’expert au-dessus de la mêlée, il a distribué bons et mauvais points. « Nous voyons les pays européens passer d’un plan (de sauvetage) à un autre, d’un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance », a déclaré M. Strauss-Kahn.

UN EURO « TRÈS TRÈS VULNÉRABLE »

Invité par le groupe NetEase, l’un des géants de l’Internet en Chine, DSK a prononcé un discours en anglais de quarante-cinq minutes, dans lequel il a été très critique envers les mesures de sauvetage prises à Bruxelles. Il s’est montré, par ailleurs, plutôt tendre avec ses hôtes chinois. Il a ensuite répondu à des interrogations d’internautes transmises par le biais d’un animateur du forum.

« Avec la récente tempête, le radeau semble ne plus être assez résistant, a-t-il affirmé en parlant de l’eurozone. Le fait que l’euro soit encore au milieu de la rivière et que l’union budgétaire ne soit pas réalisée le rend très très vulnérable, et le radeau semble sur le point de sombrer. (…) Je ne suis pas persuadé que (le président français) M. Sarkozy et (la chancelière allemande) Mme Merkel se comprennent bien entre eux et c’est probablement une des raisons pour lesquelles le système européen a des problèmes pour avancer », a-t-il affirmé.

Il a estimé, en revanche, que le gouvernement chinois avait « particulièrement bien tiré son épingle du jeu » lors de la crise de 2008-2009.

Le Lab / Dominique Strauss-Kahn invité d’un forum économique en Chine

Le Lab Europe 1 / 16/12/11

Il ne sera pas président mais pourrait devenir conférencier de luxe. A plus de 8 000 km de Paris et plus de 10 000 du Sofitel de New-York, Dominique Strauss-Kahn prononcera lundi un discours à Pékin. Un colloque d’économistes chinois l’attend pour une analyse de la crise de la dette dans le monde.

Alerté par un tweet d’un journaliste de Paris Match, Le Lab s’est immergé dans les mystères du web chinois et a fini par trouver la page officielle annonçant la présence du directeur déchu du FMI.

Le Monde / L’Elysée veut éviter de relancer la « machine à complot » sur DSK

Le Monde 10/12/11

L’Elysée et la droite le redoutent depuis six mois : voir l’« affaire » Strauss-Kahn, qui aurait dû affaiblir la gauche, se retourner contre eux en faisant planer le soupçon d’un complot contre l’ex-candidat à l’élection présidentielle. De rumeurs en articles, de théories en hypothèses, jamais le pouvoir n’est en effet parvenu à éloigner le doute sur une éventuelle intervention dans cette affaire, l’obligeant par deux fois, cette semaine, à sortir du silence qu’il s’était imposé.

En découvrant, vendredi, que Libération affirmait que deux fonctionnaires français, l’un du ministère des affaires étrangères, l’autre du ministère de la justice, auraient téléphoné dans l’« après-midi du 15 mai » à un adjoint du procureur américain Cyrus Vance, John Mc Connell, chargé de l’affaire du Sofitel, afin de lui transmettre « des éléments (…) sur l’affaire Tristane Banon mais également sur une éventuelle implication de DSK dans une affaire de prostitution dans le nord de la France », le gouvernement a pris les choses assez au sérieux pour que le Quai d’Orsay et la Chancellerie réagissent.

« Seuls le consul général et son adjoint à New York ont eu des contacts avec les autorités new-yorkaises, en l’occurrence exclusivement la police et la prison de l’Etat », a affirmé le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero. « A aucun moment le ministère n’a appelé le bureau du procureur. » Le ministère de la justice a aussi opposé « le démenti le plus catégorique aux allégations dénuées de tout fondement et d’ailleurs de la moindre vraisemblance » de Libération, qui fait le lien entre ces interventions et l’incarcération de DSK. Samedi, le quotidien maintenait ses informations, arguant que les services du procureur de New York n’ont « nullement nié l’intervention de Paris ».

« GUÉANT EN A EU MARRE »

Dimanche 4 décembre, agacé des attaques du journaliste américain Edward Epstein et du biographe de DSK, Michel Taubmann, notamment contre l’UMP, Claude Guéant avait déjà rompu le silence – relançant du coup, malgré lui, la machine à complot. « Oui »a expliqué le ministre de l’intérieur au Journal du dimanche, il avait « entendu parler de cette histoire au cours de laquelle M. Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par des fonctionnaires (…) lors d’un contrôle de routine ».

« J’ai hésité, mais trop, c’était trop », s’est-il justifié il y a quelques jours à un proche :voir l’UMP accusée d’espionner téléphones ou mails du couple Strauss-Kahn, tandis que le ministre estime au contraire que le pouvoir a longtemps protégé DSK… « Guéant en a eu marre », confirme un proche du chef de l’Etat. « Il a déstocké les munitions… », sourit un autre.

Une erreur. La machine était repartie. « Guéant aurait dû s’abstenir, la gauche n’attendait que ça ! », soupire le député UMP Claude Goasguen. Effectivement. Sur son blog, le député strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, l’un des premiers, pourtant, à s’être tenu à l’écart de toute théorie complotiste, a aussitôt répliqué : « DSK n’est plus candidat à l’élection présidentielle. Il est à terre. Il doitfaire face à des attaques de tous côtés. Et le ministre de l’intérieur en rajoute. Plantant sa petite dague. » Puis d’interroger : « De quel secret DSK est-il dépositaire qui menacerait le pouvoir ? »

« DÉSORMAIS, C’EST SILENCE RADIO »

Du coup, la consigne de l’été – et de l’automne, après l’autre affaire, celle du Carlton de Lille – a été rappelée aux élus de la majorité : « Désormais, c’est silence radio, pour éviter tout risque d’instrumentalisation », résume un député UMP.

Jamais, depuis le 14 mai, la droite n’est parvenue à se débarrasser du soupçon que sa main a plané sur les malheurs de DSK. En juin, après quelques semaines passées à entendre et à lire que Nicolas Sarkozy était « forcément » derrière la spectaculaire disqualification de son rival potentiel à de 2012, l’Elysée avait déjà demandé aux diplomates en poste aux Etats-Unis de retracer dans une note, minute par minute, toute l’« affaire du Sofitel », depuis l’arrivée de patron du Fonds monétaire international (FMI) à l’hôtel jusqu’à sa retraite obligée dans une maison de TriBeCa, à Manhattan. Aucune interrogation, aucune incohérence ne devait seglisser dans les interstices de cette chronologie si sensible.

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin

Le Monde / Carlton : DSK cité le 15 mai dans les

Le Monde 10/12/11

À quelle date le nom de Dominique Strauss-Kahn apparaît-il dans le dossier du Carlton ? A quel moment le ministère de l’intérieur apprend-il que l’ex-présidentiable socialiste est mêlé à cette affaire de proxénétisme hôtelier instruite depuis le 28 mars à Lille ? La haute hiérarchie policière est formelle : le 15 mai, au lendemain de l’arrestation de DSK à New York, au moment où le procureur s’interroge sur une remise en liberté sous caution du patron du Fonds monétaire international, à Paris, on ne sait rien de tout cela.

La hiérarchie de la police, traditionnellement avertie du contenu des dossiers sensibles – notamment ceux dans lesquels figure le nom d’un homme politique – assure n’être alertée que cinq mois plus tard, en octobre, « dans les jours qui précèdent les interpellations, et au moment des premières auditions », précise l’un de ses responsables au Monde. « Je n’ai jamais entendu parler de cette affaire avant que tout cela ne sorte dans les journaux,abonde Bernard Squarcini, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur. D’ailleurs, mon service ne traite pas de ces affaires qui relèvent de la police judiciaire. »

Selon la connaissance actuelle que Le Monde a du dossier, le nom de DSK apparaît pour la première fois dans l’enquête le 15 mai, sur des écoutes téléphoniques. A l’époque le dossier du Carlton n’est encore qu’une banale affaire de proxénétisme hôtelier lancée en février, sur la base de renseignements venus de Belgique. Plusieurs personnes sont sur écoute.

« FAIS GAFFE À TOI »

Depuis le matin, « l’incident » du Sofitel inonde les ondes. A 16 h 33, Dodo la Saumure, un Français soupçonné de se livrer au proxénétisme en Belgique, appelle son ami René Kojfer, chargé des relations publiques du Carlton à Lille :« T’as vu, euh, Strauss-Kahn ? » René : « J’suis au courant, (…) j’ai vu l’commissaire (Jean-Christophe Lagarde) qui v’nait de l’quitter (…), parce que c’est son pote et y était à Washington avec lui. »

Les jours suivants, M. Kojfer n’en finit pas de commenter la nouvelle. Ainsi, le 24 mai, avec un ancien policier « fais gaffe à toi (…) le FBI (…) est sur ton dos parce que t’as ramené Strauss-Kahn chez Dodo, on m’a dit ». Le 8 juin, il propose même« un gros coup à faire » à son ami Denis Gumez, l’ex-chef de la brigade des moeurs à Lille : « Qu’est-ce que tu en penses, j’ai deux filles qui témoigneraient éventuellement contre Strauss-Kahn (…). Kenneth Thompson (l’avocat de Nafissatou Diallo), il cherche des (…) filles (…) qui auraient été un peu bousculées. »

La hiérarchie policière jure ne pas avoir eu connaissance de ces conversations à l’époque. « Ce jour-là, toute la France commente la nouvelle. Pourquoi prêter plus attention à ces échanges qu’à d’autres ?« , explique l’un d’eux. Dans le Journal du dimanche du 4 décembre, le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, affirmait pour sa part avoir découvert l’existence du nom de Strauss-Kahn dans ce dossier« qu’après les vacances d’été ».

Emeline Cazi et Ariane Chemin

Le Monde / Une note policière sur la vie privée de DSK avait bien été rédigée fin 2006

Le Monde 05.12.11 par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Claude Guéant a finalement reconnu, dans un entretien accordé au Journal du dimanche du 4 décembre, que le pouvoir détenait depuis plusieurs années des informations sur la vie privée de Dominique Strauss-Kahn.

Interrogé sur le fait de savoir si l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) avait été interpellé au mois de décembre 2006 dans le bois de Boulogne, un lieu fréquenté par les prostituées parisiennes, le ministre de l’intérieur a répondu :« Oui, j’ai entendu parler de cette histoire au cours de laquelle M. Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par les fonctionnaires en charge de la surveillance de cet endroit, lors d’un contrôle de routine. Mais, il n’y a aucune procédure à ce sujet. Il n’était pas tombé dans un guet-apens de la police! Il n’était pas suivi. Ce n’est quand même pas la faute de la police s’il était là-bas ce soir-là! »

M. Guéant confirme ainsi les informations contenues dans un article publié par Le Monde le 25mai dans lequel il était expliqué que l’Elysée, informé par la police de la vie intime des personnalités, n’hésitait pas à en faire état auprès de journalistes réputés « sûrs » afin de discréditer ses cibles.

Des proches du chef de l’Etat avaient ainsi tenté de faire fuiter, au début de cette année, le contenu d’une note visant DSK, avant d’y renoncer – provisoirement – du fait de son arrestation à New York. L’article évoquait ainsi « une note, rédigée peu avant la présidentielle de 2007, par un policier de la base, (…) signalant la présence de M. Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l’ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées ».

Selon plusieurs sources, cette note administrative fut ensuite passée à la broyeuse, mais son contenu divulgué à quelques journalistes lorsqu’il apparut que Dominique Strauss-Kahn serait le principal adversaire de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012.

En mai 2011, ces informations avaient pourtant été vivement démenties par lepouvoir. Alain Gardère, à l’époque directeur adjoint du cabinet de Claude Guéant au ministère de l’intérieur, avait été jusqu’à nier l’existence de cette note dans une réponse au député socialiste Jean-Jacques Urvoas. Ce dernier l’avait interpellé par courrier après la parution de l’article du Monde.

« S’agissant de M. Strauss-Kahn, après recherches, il apparaît bien qu’aucun compte rendu administratif concernant sa vie privée n’existe, et a fortiori n’a circulé en provenance de la police », avait répondu, le 8 juillet, l’ancien patron de la sécurité publique parisienne. « Je veux donc réfuter avec force les insinuations ou accusations calomnieuses d’œuvres de basse police qui discréditent sans fondement la police nationale », avait assuré M. Gardère, nommé fin août préfet délégué à la sécurité à Marseille.

Le fait que M. Guéant ait finalement décidé d’exploiter le contenu de cette note relative à la vie privée de M. Strauss-Kahn – qui n’avait commis aucun délit lors de sa brève interpellation fin 2006 – intervient alors que réapparaissent, ces derniers jours, des rumeurs suggérant que l’ex-directeur du FMI aurait pu être victime d’un piège, voire d’un complot, mené par l’UMP afin de le « faire tomber » à New York dans une affaire de mœurs.

La sortie de M.Guéant lui a valu de vives critiques de l’opposition, dimanche. Sur Radio J, le député (PS) de l’Essonne Julien Dray a déclaré que les ministres de M.Sarkozy « ont tendance à considérer qu’une manière de régler les conflits politiques, c’est d’utiliser les officines, les ragots ».

L’ancien premier ministre Laurent Fabius a estimé, pour sa part, qu’un ministre de l’intérieur devait « s’occuper d’autre chose que des poubelles »« On vous pose une question : vous êtes au courant et vous dites pas la vérité? Claude Guéant le dit et il a entièrement raison », a de son côté justifié le ministre du travail, Xavier Bertrand, sur France 3.

Marianne / Affaire DSK : la Sarkozye et le NYPD main dans la main ?

Frédéric Ploquin – Marianne | Jeudi 9 Juin 2011

La police de New York a fait montre d’un zèle certain dans le traitement de l’affaire DSK. Peut-on pour autant parler d’un excès de zèle ? Voire, comme le suggèrent certains strausskahniens, d’une enquête entièrement sous contrôle ?

Si l’on s’en tient aux faits, nombre d’agressions sexuelles commises dans les hôtels n’arrivent pas aux oreilles de la police, même à New York. Il s’en est ainsi fallu de peu qu’un homme d’affaires égyptien de 72 ans, qui n’avait probablement pas lu la presse, ne passe aux travers des mailles du filet quelques jours après DSK : le manager de l’hôtel, un établissement bien plus chic que celui où logeait l’ancien champion socialiste, le Pierre, a renvoyé chez elle la femme de ménage qui se plaignait d’agression sexuelle. Ce n’est que deux jours plus tard, alors qu’elle a rapporté les faits à un autre manager, que l’Egyptien a été arrêté et envoyé dans la prison où DSK a passé une nuit.Le « frenchy », lui, n’a pas eu de répit : il a été rattrapé à bord de l’avion d’Air France peu avant son décollage de l’aéroport JFK. Le fait que le personnel du Sofitel soit particulièrement syndiqué, fait rare aux Etats-Unis, n’y est pas étranger. Le profil du chef de la sécurité a aussi pesé dans la balance : ancien du FBI, il connaît les arcanes de la police et de la justice. C’est lui qui a transmis à la victime, Nafissatou Diallo, 32 ans, la carte de visite de l’avocat Jeff Shapiro.

Il était autour de 14 heures, ce samedi 14 mai. 20 heures à Paris. La police a été contacté par le biais du numéro d’urgence, le 911, et c’est le commissariat le plus proche qui est d’abord intervenu. C’est après que les choses se sont très rapidement emballées, donnant l’impression que l’on a voulu faire de cette histoire  (un membre du petit personnel agressé par un VIP) un cas d’école. Une sorte d’exemple, comme pour montrer que le rêve américain n’est pas seulement du vent vendu aux gogos. Parce que l’auteur présumé de cette agression sexuelle est français ? Parce qu’il est socialiste ? Parce qu’il n’appartient pas à l’élite blanche et protestante américaine ?

Les adeptes de la théorie du complot voient au delà. De quoi se nourrissent-ils ? Le responsable international de la sécurité de la chaine Sofitel est un ancien commissaire de police français, René-Georges Querry (qui ne parle pas un mot d’anglais). Un commissaire de police français est affecté en permanence auprès du NYPD, c’est d’ailleurs lui qui le premier récupère l’information et la transmets à son supérieur en France, Emile Perez, patron de la coopération policière, ancien secrétaire général du syndicat des commissaires et co-auteur de nombreux ouvrages avec Alain Bauer, le grand manitou de la sécurité en France, mais surtout le criminologue le plus écouté de l’Elysée. Emile Perez n’a pas attendu, cette nuit-là, pour réveiller ses deux supérieurs directs, le directeur général de la police et le directeur général de la gendarmerie.

« Des éléments concordants montrent que le gouvernement français a été informé en temps constant, affirme un responsable socialiste proche de DSK. Sarkozy a été prévenu dans la nuit et il s’est rendormi, ce qui n’est probablement pas le cas de Claude Guéant ». Il ne restait désormais qu’à démasquer le patron du NYPD pour boucler la boucle et suggérer que l’opération anti-DSK a été orchestrée entre Paris et Manhattan. Raymond Kelly, un Irlandais de 60 ans, est considéré comme un démocrate. Chef de la police de New-York en 1991, il en a été écarté par les Républicains, qui l’ont envoyé en mission en Haïti. Il est ensuite devenu sous-secrétaire d’Etat au Trésor, d’où il a supervisé les grandes agences d’enquête jusqu’en 2000, avant de prendre la direction des douanes. Bush élu, il fait un crochet par le monde des banques, jusqu’au jour où le maire de New York, Michael Bloomberg, vient le chercher pour le remettre à la tête du NYPD. « C’est un pragmatique, un vrai flic », dit de lui un commissaire français. Un flic que l’on voit souvent à Paris, et pas seulement pour assister à la remise d’une décoration à Alain Bauer par Nicolas Sarkozy. Il dispose d’un service de renseignement qui n’a rien à envier à la CIA, dirigé par un ancien numéro 2 de ce service, d’un sécurité publique et d’une PJ…

Un parcours et un profil qui ont de quoi alimenter la suspicion, mais du côté de la Place Beauvau, on maintient que le NYPD n’a jamais transmis le moindre rapport à la police française. « On distille ces soupçons pour discréditer la victime, affirme même un commissaire français, alors que la chose qui compte, c’est ce qui s’est passé ce jour-là entre 12 heures et 12 heures 28, dans la suite occupée par Dominique Strauss-Kahn ».

Les policiers français auraient donc été informés très rapidement du fait qu’une plaignante, « female, black, 32 », accusait DSK d’agression sexuelle. Les Américains auraient-ils pris le risque d’en transmettre davantage au risque de fragiliser une procédure délicate ? Pas sûr que la prospérité de l’amicale des chefs de la police montée par Raymond Kelly et ses amis français passe avant les règles de la police new-yorkaise. Ni que le chef de la « Special victims division », en charge des abus sexuel se soit prêté à une quelconque manipulation.
« DSK a été traité comme Madoff, ni plus ni moins, assure un avocat new-yorkais. C’est un signe envoyé au peuple à qui l’on veut faire croire que tout le monde est au même niveau, le petit personnel comme les VIP. DSK nourrit à ses dépens le rêve américain, dont nous savons tous qu’il n’est qu’une façade ».
« L’hypothèse d’un complot monté par les services de renseignement était plausible dans la première affaire, celle de l’employée hongroise du FMI, tranche un responsable de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Pour cette fois, c’est plus compliqué, sauf à imaginer que la jeune femme ait été recrutée par les services et téléguidée jusque dans la suite du Sofitel… » Une hypothèse dont ne manqueront pas de s’emparer les avocats de DSK, qui feront feu de tout bois jusqu’au jour d’un éventuel procès.

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