AFP / DCRI : le PS dénonce les « barbouzeries »

AFP 26/01/12

Les députés socialistes ont violemment attaqué aujourd’hui le gouvernement sur la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), craignant de possibles « barbouzeries » durant la campagne présidentielle après la parution récente d’un livre sur les services secrets. « L’espion du président » (éditions Robert Laffont) dresse un portrait au vitriol du chef de la DCRI Bernard Squarcini, qui aurait « dévoyé » les services français au profit de Nicolas Sarkozy selon les auteurs.

Lors des questions au gouvernement, le député PS Jean-Jacques Urvoas (Finistère) a décrit l’ouvrage sous les huées de la droite: « Coups tordus, manipulations, mauvaises fréquentations, écoutes de journalistes, effractions de domiciles: il semblerait donc qu’au sein de la DCRI, on ait les pires barbouzeries (…) alliées à l’impunité du secret-défense. »

Le socialiste a demandé s’il existait « au sein de la DCRI un groupe des opérations spéciales » occulte, et si « des équipes de la DCRI » organisaient « des écoutes téléphoniques » et « des interceptions d’emails en-dehors de tout cadre légal ».

La socialiste Delphine Batho a ensuite rappelé que Bernard Squarcini est déjà mis en examen dans l’affaire d’espionnage de journalistes du Monde travaillant sur l’affaire Bettencourt, dossier tentaculaire comportant un volet de financement politique occulte présumé. Cette porte-parole du candidat François Hollande a demandé « la garantie absolue que les pratiques décrites » dans l’ouvrage « n’ont pas cours dans l’actuelle campagne présidentielle ».

« la volonté de diffamer et de salir »

Le ministre des Collectivités Philippe Richert a dénoncé « une remise en cause intolérable de la loyauté républicaine d’une institution et des fonctionnaires exemplaires qui y travaillent », y voyant « la volonté de diffamer et de salir ». Il a rappelé en référence à la présidence de François Mitterrand, « le temps où certains membres d’un parti ont utilisé les moyens de l’Etat pour mettre sur écoute des centaines de personnalités publiques ».

Le patron de la DCRI a annoncé son intention de poursuivre en diffamation les auteurs ainsi que le site Mediapart, qui a publié un article sur l’ouvrage. Mediapart, surveillé en 2010 par la DCRI selon le livre, a porté plainte.

%d blogueurs aiment cette page :